En vertu de mes convictions, j’ai toujours voté écolo tout en appréciant le travail de Paul Olivier Delannois qui, bourgmestre de Tournai, était soucieux du bien-être de ses administrés. D’ailleurs la reconnaissance de cette qualité est à coup sûr à l’origine du vote massif en sa faveur. Ce qu’a semblé ignorer le parti écolo qui a préféré faire alliance avec le MR pourtant bien moins plébiscité. D’autant que son choix désastreux pour son remplacement s’est porté sur une pronucléaire 100% pur jus. . C’est vraiment le mariage de la carpe et du lapin, on ne peut plus antinomique. Avoir préparé en douce une telle alliance , sans attendre le résultat des élections, mais sans aucun doute avec la promesse de postes alléchants au sein du gouvernement local, m’a sidéré complètement. Si ce n’est pas de l’opportunisme égocentrique, ça y ressemble fort. Tout ça sous le prétexte fallacieux (il fallait bien justifier une position contraire à l’opinion publique) d’une divergence de vues sur certains points, du temps de la précédente mandature . Qui n’en aurait pas dans toute forme de coalition? Combinardes, les 2 (sans)”têtes” du parti écolo tournaisien, voilà leur vrai visage. D’ailleurs la presse en général ne s’y est pas trompée en nommant “trahison” l’acte de sédition affichée à l’encontre du choix souverain des électeurs, même s’il est parfois sujet à caution. Dans le cas présent, à mes yeux il ne l’est pas ; il est clair et net. Vu l’absence de désapprobation de cette manœuvre, certes légale et démocratique, par les instances supérieures du parti qui mettant de côté leurs principes, s’abstiennent d’en dénoncer le côté immoral, je renonce désormais à encore voter écolo.
Écolo en agissant ainsi ne fait que renforcer la tendance actuelle d’une droitisation( et même extrême) de la société. Tout le contraire de ses idées de base qui suscitaient l’attractivité des conscients du danger. Il ne fait pas honneur à sa réputation première de parti intègre, sourd aux sollicitations extérieures intéressées. Ce n’est pas cet accord qui va le blanchir et lui rendre son lustre d’antan. Bien au contraire, il va l’enfoncer encore un peu plus dans les profondeurs du classement des plébiscités où il stagne généralement.
Incompréhensible, sinon le désir immodéré pour le changement, ce renversement de vote amorcé et développé depuis un bon moment par l’électorat des pays dits démocratiques qui se sabordent en offrant le pouvoir, par exemple en Wallonie, au MR, porte parole des privatiseurs. Comment Ecolo a-t-il pu soutenir un tel mouvement qui accroît ce virage vers une déconstruction des services publics au profit des intérêts privés? N’attendons même pas la fin de la législature pour voir les dégâts, annoncés hauts et clairs dans les déclarations de ses dirigeants. L’enseignement y est confronté en premier avec des réformes de tous ordres: CDI au lieu de nominations, suppression du qualifiant pourtant si fréquenté, classes surpeuplées… La santé est déjà sur la sellette et bien d’autres domaines publics comme les allocations qui vont être rabotées ou passer carrément à la trappe des restrictions. Quand on voit l’irresponsabilité de Georges-Louis Boucher, le petit Trump de Mons, qui nomme “coup de génie” l’explosion par Israël des appareils individuels de ses adversaires, on peut s’interroger sur la pertinence et la lucidité de ceux qui l’ont intronisé président du parti. De même pour le choix massif des américains qui ont élu Trump, un clown dangereux, qui suggère , sans rire, d’avaler du javel pour éliminer les microbes. A croire que le monde soit devenu maso, à l’image des pénitents du Moyen âge qui se flagellaient en croyant à la rédemption grâce à la douleur. A moins que ce soit le déterminisme souverainiste qui impose notre retrait pour préserver ce qui reste encore à sauvegarder après notre passage dévastateur sur Terre.
La grande perdante de toutes ces magouilles, manigances et autres inversions de sensibilités ( je devrais plutôt dire “insensibilités”), c’est la démocratie qui prend de plus en plus de plombs dans l’aile au point de se racornir comme une peau de chagrin et risquer de devenir à terme une sorte de reliquat d’une utopie conquise à la force des baïonnettes par des idéalistes convaincus. Quelques îlots résistent encore à la pression comme l’Islande avec sa démocratie participative associant les citoyens à l’élaboration de l’intérêt général, la Finlande avec sa démocratie parlementaire à part entière , le Danemark mettant en application politique son esprit de généreuse tolérance, la Suède, considérée longtemps comme modèle à suivre mais gangrénée depuis un certain temps par des groupes d’extrême droite de plus en plus puissants, le Lichtentein avec sa démocratie directe , la Suisse avec ses votations populaires et son système de rotation au sein de son “Conseil Fédéral”, mise à mal par la suppression du secret bancaire qui fait exporter vers des cieux plus cléments l’argent sale jusqu’ici récolté par elle et risque de dénaturer son régime politique.
Le grand gagnant, c’est le capitalisme avec son invitation permanente à la surconsommation et au gaspillage qui triomphe tous azimuts grâce à la sphère néolibérale à qui la majorité des électeurs a délivré un blanc-seing pour appliquer sa politique enfin libérée des entraves et contraintes paralysantes. Elle ne va pas manquer de s’en donner à coeur joie en faisant profiter de cette manne offerte les riches, son électorat favori, les multinationales, ses représentants emblématiques, et autres sociétés privées toujours en quête d’avantages économiques et financiers à eux réservés.