Ce site se veut le prolongement de l’illusion consciente décrite dans le livre “Faire comme si ou l’illusion nécessaire”. Illusion que nos idées valent la peine de leur expression et de leur affirmation, que leur confrontation avec celles des autres enrichiront le débat public et par là contribueront à humaniser un peu plus l’homme. De toute façon, quelle que soit la réelle efficacité de cette démarche, l’extériorisation de nos opinions répond à un besoin inscrit dans nos gènes sauf chez les conscients du vide, de l’indigence ou de l’inutilité de nos échanges verbaux et de la plénitude nourricière du silence et du regard intérieur (le vide et le plein sont complémentaires). Mes inclinations plutôt expansives et ma pratique d’enseignant intensément engagé et épanoui m’interdisaient, malheureusement peut-être, d’adhérer à cette confrérie muette et me portaient à croire aux vertus de la parole comme vecteur, chez les jeunes, du développement d’une conscience mature et responsable. Conviction mise à mal par l’introspection approfondie de la nature humaine qui ne se modèle pas, ni ne se modélise sur commande (voir le passage du livre : “Bouteilles consignées à la mer” pg 102). Et même si j’étais attentif à mettre en adéquation le plus possible mes dires avec mes actes (“le verbe qui se fait chair”), ce souci comblait certes ma dignité personnelle, mais pas le souhait implicite et somme toute fort présomptueux d’une percolation par l’exemple ( cf “La vertu ne paie pas” pg 80).
Pourquoi alors, après le monologue livresque, cette bafouille blogueuse, portes ouvertes au dialogue, en contradiction avec ce qui vient d’être dit ? Parce que je brandis le doute à l’instar d’un étendard et me plais à m’illusionner sur l’efficience positive du langage, sans nier pour autant sa redoutable influence négative.
Je vous invite donc à l’alimenter de vos réflexions, de vos références, de vos critiques… pour asseoir et conforter sa nécessité.